Verdun


Verdun, petit coin de France perdu

Verdun, petit coin de France perdu et marqué au fer rouge par l'Histoire. Verdun, c'est une autre façon de faire du tourisme et si tu aimes l'Histoire, tu pourras y passer quelques jours passionnants tant il y a de choses à voir, à découvrir et à apprendre. J'ai visité Verdun cet été, je partage mon expérience...

La 1ère chose à faire est certainement de visiter le Mémorial de Verdun, ce qui te permettra d'avoir une vision d'ensemble de cette triste période historique qu'est la guerre de 14-18. Le Mémorial (à la manière de celui de Caen en Normandie) est un musée moderne (entièrement refait depuis 2016) dans une vaste structure très bien agencée avec une foultitude de documents variés : photos, films, décors, reconstitutions, maquettes... Une visite passionnante mais attention, il te faudra bien la journée entière (si tu aimes l'Histoire bien entendu).
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Le Mémorial de Verdun

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Mémorial de Verdun

Que peut-on voir à Verdun ?

N° 1 : La butte de Vauquois

La butte de Vauquois faisait partie des quelques collines de l'est de la France situées devant Verdun et présentant un grand intérêt stratégique pour l'observation, aussi bien pour les Allemands que pour les Français. Elle fut le théâtre d'une guerre violente de tranchées et de sape durant les 4 ans de la guerre, de 1914 à 1918.

Les Allemands s'emparèrent de la butte dès 1914, après avoir évacué les 168 habitants de ce qui était alors un paisible village campagnard de la Meuse. La butte fut perdue puis récupérée de nombreuses fois par l'un ou l'autre camp, au prix de sacrifices humains considérables. Des galeries étaient creusées par des sapeurs-mineurs pour y déposer des mines constituées de centaines de kilos d'explosifs, afin de faire sauter les tranchées qui se trouvaient au-dessus. On y a recensé 519 explosions (199 allemandes et 320 françaises). Environ 140 000 soldats ont perdu la vie au cours de la bataille de Vauquois.

En mars 1918, la guerre de mines fut abandonnée. Les troupes italiennes relevèrent les Français en mai 1918 et en septembre, Américains et Français prirent possession de la position définitivement.

Aujourd'hui, la butte de Vauquois est classée en zone rouge (à cause de la présence toujours possible de munitions non explosées ou de restes humains). Le village a été reconstruit en contrebas de la butte.
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Le sommet de la butte avec son monument « Aux combattants et aux morts du Vauquois »

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Une des nombreuses tranchées de la butte

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Le 14 mai 1916, les Allemands firent exploser ici une mine contenant 60 tonnes d'explosifs. Elle détruisit et ensevelit une partie des 1ère et 2ème lignes françaises. 108 soldats français y perdirent la vie. L'explosion fut ressentie à plusieurs kilomètres à la ronde et creusa un cratère de plus de 25 m de profondeur sur 100 m de large.

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Aujourd'hui, le cratère laissé par l'explosion

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Vue aérienne de la butte aujourd'hui avec ses cratères

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Le village de Vauquois, sur la butte, avant la guerre

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Le travail de sape

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Schéma très intéressant qui permet de se rendre compte du travail des sapeurs et qui permet aussi de constater que la partie haute de la colline, où se trouvait le village, a été décapitée.

Butte de Vauquois

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N°2 : Le monument américain de Montfaucon

Le monument américain de Montfaucon commémore la victoire américaine au cours de l'offensive Meuse-Argonne. 47 jours de combat, du 26 septembre au 11 novembre 1918 à l'issue desquels les soldats américains imposèrent aux Allemands une retraite générale sur ce front. Le monument, d'une hauteur de 60 mètres, est surmonté d'une statue représentant la liberté et faisant face à la ligne de front. Le monument est construit sur le site de l'ancien village de Montfaucon, détruit pendant la guerre. Le terrain sur lequel est édifié le monument a été concédé à perpétuité par le peuple français aux États-Unis.
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Entrée du monument de Montfaucon

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L'accès est gratuit pour monter au sommet du monument mais il se mérite : j'ai compté 237 marches !

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Vue sur 360° au sommet, avec la ligne de front

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Ruines de l'église après la capture du village, découvertes par l'armée américaine en 1918

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Vus d'en haut et derrière la ligne de front, les restes de l'église de Montfaucon-d'Argonne. Le village a été reconstruit plus bas et s'appelle aujourd'hui Montfaucon en Argonne.

Monument de Montfaucon

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N°3 : Les villages détruits « Morts pour la France »

La guerre de 14-18 a laissé des traces indélébiles dans le nord et l'est de la France, certains villages ayant été partiellement ou entièrement détruits. Beaucoup ont été reconstruits mais d'autres ne l'ont jamais été parce qu'ils étaient situés en zone rouge (terrains encore minés et/ou trop pollués) ou tout simplement par souci de mémoire. Dans le département de la Meuse, le département français qui a payé le plus lourd tribut pendant la guerre de 14-18, neuf villages ont été déclarés « Morts pour la France », plus personne n'y habite. Ce sont Beaumont-en-Verdunois, Bezonvaux, Cumières-le-Mort-Homme, Douaumont, Fleury-devant-Douaumont, Haumont-près-Samogneux, Louvemont-Côte-du-Poivre, Ornes et Vaux-devant-Damloup.
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Entrée d'un village qui n'existe plus

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On ne ressort pas intact d'une « promenade » dans ce qui fut un lieu fourmillant de vie...

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À la place des maisons, des petites bornes indiquent « École, Boulangerie, Coordonnier ... »

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Les obus ont laissé des traces partout. Ce paysage n'a rien de naturel mais la Nature y a repris ses droits.

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Ici fut un Café Épicerie...

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Fleury-devant-Douaumont, avant la guerre

Fleury-devant-Douaumont
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Village d'Ornes, « Mort pour la France »

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Les restes de l'église d'Ornes

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Ici fut Ornes, détruit en 1916.

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Ornes, avant la guerre

Ornes
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Vaux-devant-Damloup, « Mort pour la France » Bien que le village ait été reconstruit environ 500 mètres plus bas qu'auparavant,il fait partie des neuf villages français détruits durant la Première Guerre mondiale classés en zone rouge du département de la Meuse. C'est la seule commune dans ce cas sur le territoire du champ de bataille de Verdun. 

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« Passant, va dire aux autres peuples que ce village est mort pour sauver Verdun et pour que Verdun sauvat le Monde. » Vaux, le 10 août 1924, Raymond Poincaré

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Vaux-devant-Damloup, avant la guerre

Vaux-devant-Damloup

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N°4 : Les forts de Verdun

Les nombreux forts de Verdun – une trentaine d'ouvrages fortifiés – étaient présents parfois bien avant la 1ère Guerre mondiale. Ils ont joué un rôle très important durant les combats mais tous n'ont pas résisté à l'envahisseur allemand…

Ces forts font partie du système Séré de Rivières, un ensemble de fortifications bâti à partir de 1874 (après la guerre franco-allemande de 1870) le long des frontières et des côtes françaises ainsi que dans quelques colonies. Ce système défensif remplaçait alors les fortifications bastionnées mises en place en grande partie par Vauban au XVIIe siècle.

Ces forts développés de 1874 à 1880 selon l'Instruction de Raymond Adolphe Séré de Rivières (ingénieur militaire et général français du XIXe siècle) sont construits en maçonnerie, soit de pierre de taille, soit de moellons, soit de briques (selon les disponibilités locales), le tout recouvert de terre à la différence des forts Vauban qui possédaient une grande partie surplombant le sol. La couche de terre sert de protection, dissipant la puissance explosive des premiers obus. 
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Le fort de Vaux. En juin 1916, après la résistance acharnée du commandant Raynal et de sa garnison, le fort de Vaux doit finalement se rendre aux Allemands.En juin 1916, une tentative de récupération, par les zouaves du régiment d'infanterie coloniale du Maroc, échoue. Le fort est finalement repris en novembre 1916 sans aucun combat car, faute de position intenable pour les Allemands, il avait été abandonné. Le fort est alors réaménagé, réarmé, électrifié et modernisé.

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Une des nombreuses galeries du fort où régnaient le froid et l'humidité.

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Confort spartiate, 4 soldats par lit

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Bilan de la guerre, terrifiant

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Les pigeons voyageurs ont joué un rôle important pendant la guerre. Hommage à Vaillant,le dernier pigeon voyageur du commandant Raynal. Ce héros des airs réussit sa mission et apporta le message à bon port en arrivant au colombier mourant, car intoxiqué par les gaz.

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Vue du champ de bataille sur le haut du fort de Vaux

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Hommage aux soldats des pays d'Afrique, morts pour la France. Ils étaient Algériens, Tunisiens, Marocains, Somalis ou Sénégalais.

Fort de Vaux
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Le fort de Douaumont. Il fut pris et occupé par les Allemands à partir du 25 février 1916. Il fut repris par les Français le 24 octobre 1916, notamment grâce au courage des tirailleurs marocains, tunisiens et somalis.

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Le dessus du fort de Douaumont, criblé de trous d'obus

Fort de Douaumont

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N°5 : La citadelle souterraine de Verdun

La citadelle souterraine de Verdun est un ensemble de galeries creusées à la fin du XIXe siècle sous la citadelle haute de Verdun édifiée au XVIIe siècle. Elle fait partie du système défensif Séré de Rivières. Cette citadelle souterraine a servi de refuge, de base de ravitaillement et de poste de commandement pendant la Première Guerre mondiale. Elle se composait de six magasins à poudre, sept magasins de munitions, une boulangerie, un moulin, un central téléphonique et télégraphique, des machines élévatrices d'eau pour la ville et les forts, des cuisines et de vastes magasins. Pendant la guerre, elle accueillait jusqu'à 10 000 soldats et les fours à pain produisaient 28 000 rations par jour. Cette citadelle est un symbole de résistance puisque les bombardements des Allemands n'ont jamais atteint les galeries en 14-18.

Le 10 novembre 1920, elle accueillit la cérémonie de désignation du Soldat inconnu qui repose aujourd'hui sous l'Arc de triomphe de l'Étoile à Paris.

La visite de la citadelle souterraine se fait à bord d'une nacelle audioguidée qui parcourt les galeries et retrace le rôle de la France et de Verdun dans la Première Guerre mondiale. Un parcours à la fois ludique et instructif dont on garde un excellent souvenir.
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Entrée de la citadelle souterraine

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Avant de monter dans la nacelle, profitez-en pour regarder la carte qui retrace les principaux événements de la guerre.

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Légende de la carte

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Une des nacelles audioguidées

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Le choix du Soldat inconnu. Le 8 novembre 1920, l'Assemblée nationale approuve à l'unanimité un projet de loi visant à déposer sous l'Arc de triomphe de l'Étoile les restes d'un soldat inconnu mort pour la France au cours de la Première Guerre mondiale. Le 9 novembre 1920, huit cercueils sont acheminés à la citadelle de Verdun. Le 10 novembre 1920, a lieu la cérémonie de désignation du soldat inconnu. Dans une galerie de la citadelle souterraine transformée en chapelle ardente, les cercueils, recouverts d'un drapeau tricolore, sont alignés deux par deux. En présence de nombreux officiels, le ministre des Pensions André Maginot tend un bouquet de fleurs au caporal Auguste Thin. Ce dernier doit désigner le Soldat inconnu en déposant le bouquet sur l'un des cercueils : il choisit le 6e cercueil. « Il me vint une pensée simple : j'appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132e, c'est également le chiffre 6 que je retiens. La décision est prise : ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai. » Auguste Thin. Le Soldat inconnu est emmené à Paris tandis que les sept autres cercueils sont transférés à la nécropole nationale du Faubourg-Pavé à Verdun et forment « le carré des 7 Inconnus ».

Citadelle de Verdun

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N°6 : La tranchée des baïonnettes

On dit que les 21 soldats français qui sont morts ici sont restés debout, le fusil à la main, ensevelis sous des tonnes de terre projetées par les explosions des obus de l'armée allemande. Ces faits d'armes ont bien eu lieu mais le fait que ces soldats soient morts ainsi debout apparaît aujourd'hui comme une légende… Ce monument est un hommage, il illustre le sacrifice et le martyr des soldats français à Verdun.
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Entrée du monument « À la mémoire des soldats français qui dorment debout le fusil en main dans cette tranchée » Leurs frères d'Amérique

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Toute la tranchée est recouverte par ce monument austère.

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Parmi les 21 corps découverts sous les décombres, 14 furent identifiés et enterrés dans le cimetière de Fleury aujourd'hui désaffecté. Ils ont ensuite été transférés dans la nécropole de Douaumont. Les 7 autres corps des soldats inconnus reposent maintenant ici sous des croix en bois.

Tranchée des baïonnettes

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N°7 : La crête des Éparges

Parmi tous les champs de bataille de Verdun, celui des Éparges est certainement le plus émouvant. Le paysage que l'on peut observer ici est à la fois beau et effrayant. Paradoxalement beau par son côté artificiel et ses cicatrices aux formes douces où la Nature a repris ses droits depuis longtemps. Effrayant quand on pense aux terribles combats qui ont ravagé ce qui était alors un coin tranquille de campagne sur le sommet d'une crête, il y a plus de cent ans. Malheureusement, les crêtes de la Meuse étaient des points stratégiques importants à conquérir et les Éparges n'ont pas échappé à cette règle.

En septembre 1914, le front se fige. Au terme de la bataille de la Marne, l'armée allemande prend position sur la crête des Éparges, à une vingtaine de kilomètres à l'est de Verdun. Cette longue crête de 1 400 mètres culminant à 346 mètres possède un promontoire nommé Point X qui domine la vaste plaine de la Woëvre occupée par les Allemands. Les Français vont s'acharner à essayer de s'emparer de cet emplacement, excellent poste d'observation.

De février à avril 1915, les Français lancent une série d'offensives pour conquérir la crête. Les Allemands ripostent par de violentes contre-attaques. Le 11 avril 1915, la victoire est proclamée par les deux camps. Les Français ont investi 80% de la crête mais n'ont pas pu s'emparer de leur objectif principal, le Point X. Les tirs d'artillerie étaient violents, on compte 10 000 tués et disparus du côté des Français et autant du côté des Allemands.

De 1916 à 1918, la lutte continue mais sous une autre forme, elle devient souterraine. C'est la guerre des mines : des galeries sont creusées – comme pour la butte de Vauquois – pour y placer des charges d'explosif, parfois jusqu'à plusieurs tonnes. Le travail des sapeurs est considérable et les effets de ces tirs de mine souterrains – on les estime au nombre de 300 - sont encore visibles aujourd'hui dans le paysage, ce sont les entonnoirs.

Il faudra attendre 1918 pour que l'intervention des troupes coloniales libère totalement la crête de l'armée allemande, lors de l'offensive franco-américaine.
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Le début du chemin qui monte au Point X

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Hommage à la 2ème division. Parmi les personnalités ayant combattu aux Éparges, on peut citer l'écrivain Maurice Genvoix (blessé au combat) et le romancier Louis Pergaud (mort au combat) auteur du livre " La Guerre des Boutons ".

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Le 6 avril 1915, le sous-lieutenant Louis Pergaud et son régiment lancent, dans le secteur des Éparges près de Verdun, une attaque contre les lignes allemandes à l'issue de laquelle il est porté disparu.On pense aujourd'hui qu'il aurait été piégé dans les barbelés et blessé par balles. Plusieurs heures plus tard, des soldats allemands seraient venus à son secours et l'auraient emmené avec quelques-uns de ses camarades dans un hôpital provisoire. Ce bâtiment, situé à Fresnes-en-Woëvre, sera détruit par un tir de barrage de l'armée française le 8 avril. Louis Pergaud et de nombreux compatriotes ont été au nombre des victimes. Leurs corps n'ont jamais été retrouvés. Louis Pergaud est mort à l'âge de 33 ans.

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Cratère artificiel, un entonnoir créé par l'explosion d'une mine souterraine

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Traces laissées par des tirs d'obus

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Un autre entonnoir. Beauté aujourd'hui d'un paysage artificiel. En 1915, un soldat écrivait à sa femme : « Tu ne peux pas savoir ce que l'homme peut faire contre l'homme : voilà cinq jours que mes souliers sont gras de cervelles humaines, que j'écrase des thorax, que je rencontre des entrailles... »

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Depuis le Point X, vue sur la plaine de la Woëvre

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« À ceux qui n'ont pas de tombe » Derrière le monument du Point X, hommage à tous les soldats dont on n'a jamais retrouvé les corps parce qu'ils ont été déchiquetés ou parce qu'ils sont encore enfouis sous la terre.

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Les entonnoirs vus du ciel (photo Google Earth)

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Entrée d'un blockhaus allemand derrière laquelle se trouvait une multitude de galeries souterraines

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Au loin la crête des Éparges, vue depuis la plaine de la Woëvre

Les Éparges

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N°8 : Le boyau de Londres

Le boyau dit « de Londres » reliait le fort de Douaumont et les premières lignes de tranchées françaises - près du village de Douaumont aujourd'hui détruit - aux lignes de l'arrière.

On peut suivre le boyau de Londres sur une grande partie dans la forêt des environs du fort de Douaumont.

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Une partie du boyau a été restaurée avec des murs en bois. Un boyau n'est pas rectiligne. Son tracé tourmenté permet de limiter les effets dévastateurs d'un tir en enfilade. Revers de la médaille : les transports de blessés ou de matériel étaient fatigants et difficiles d'autant plus que ces déplacements se faisaient souvent sous la pluie, dans la boue, sous les bombardements violents ou dans la nuit noire.

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Une partie du boyau non restaurée avec des piliers qui ont résisté dans le temps car ils sont en béton. Ces piliers étaient autrefois souvent reliés entre eux par des plaques de béton.

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Un boyau était une petite tranchée de communication qui permettait de relier entre elles des tranchées plus importantes. Il était perpendiculaire à celles-ci. Il était emprunté pour la relève de régiments, le transport de blessés, le ravitaillement en vivres et munitions, l'acheminement des matériaux nécessaires à l'aménagement et la réparation des tranchées et abris ou encore pour porter des ordres écrits.

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La route - qui n'existait pas autrefois - suit en grande partie le boyau de Londres aujourd'hui. En haut de la photo, le fort de Douaumont. (photo Google Earth)

Boyau de Londres

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N°9 : La Tranchée de Calonne

La Tranchée de Calonne est une route forestière - qui ne traverse aucun village – et qui relie Hattonchâtel (département de la Meuse) à Verdun sur une distance de plus de 25 kilomètres. Elle a été tracée par un ministre de Louis XVI pour desservir directement le château qu'il avait acquis à Hannonville-sous-les-Côtes. Pendant la Première Guerre mondiale, la Tranchée de Calonne fut l'enjeu de combats acharnés.

À savoir cependant que le mot tranchée est antérieur à la guerre. Il est fréquent sur les Hauts de Meuse, c'est un terme forestier analogue au mot route, du latin rupta, brisé, coupé (à travers).

Aujourd'hui, la tranchée de Calonne est redevenue une banale route traversant des bois. C'est d'ailleurs dans un de ces bois qu'est mort au combat l'écrivain Alain-Fournier (pseudonyme d'Henri-Alban Fournier) avec d'autres soldats.

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Voilà à quoi ressemblait la Tranchée de Calonne en 1915.

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À côté de la tranchée de Calonne, un monument a été érigé en 1992 à la mémoire d'Alain-Fournier et de ses camarades.

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C'est ici précisément qu'ont été retrouvés, en 1991, les restes des corps d'Alain-Fournier et de 20 autres soldats morts au combat le 22 septembre 1914. Grâce à la persévérance de trois passionnés d'Histoire, les 21 corps ont pu être exhumés et presque tous identifiés (2 corps sont restés inconnus) 77 ans après leur disparition et après 14 ans de recherches. La verrière qui abrite les stèles honore la mémoire de ces combattants pour la liberté.

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Sous la verrière, les stèles. Les restes des corps découverts ici sous 40 centimètres de profondeur ont été ré-inhumés solennellement dans la nécropole nationale de Saint-Remy-la-Calonne.Les 21 corps ont été retrouvés allongés tête-bêche dans une fosse commune creusée par les Allemands dans la forêt de Saint-Remy-la-Calonne. Les analyses effectuées au laboratoire du dépôt archéologique de Scy-Chazelles (Moselle) sur les squelettes ont mis en évidence chaque impact de balle et fracture. Il en résulte sans conteste que les soldats français ont été mitraillés au cours du combat. Quinze hommes ont succombé à leurs blessures, tandis que six autres grièvement blessés ont été achevés d'une balle dans la tête, tirée par l'ennemi. Tous avaient été touchés à la colonne vertébrale ou au bassin.

Tranchée de Calonne  Monument Alain-Fournier

Alain-Fournier en 1905. Il est mort 9 ans plus tard, il n'avait alors que 27 ans. D'abord poète, il décida de devenir romancier mais ne put écrire qu'un seul livre dans sa courte vie : Le Grand Meaulnes.

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La nécropole nationale de Saint-Remy-la-Calonne où reposent Alain-Fournier et ses compagnons d'armes.

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Tombe d'Alain-Fournier

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N°10 : Les nécropoles nationales (cimetières militaires français)

C'est toujours émouvant de visiter un cimetière militaire quand on pense aux milliers de soldats qui y reposent, des hommes tombés souvent très jeunes – à l'âge de 20 à 25 ans -, des hommes qui se sont battus pour la liberté, pour notre liberté.

Les cimetières militaires comportent des tombes individuelles, des tombes communes, un ou des ossuaires et parfois un mur des disparus où sont inscrits le nom des personnes dont le corps n'a jamais été retrouvé.

Le département de la Meuse, très durement touché pendant la guerre de 14-18, compte 40 nécropoles. Celles qui ont recueilli plus particulièrement les « morts pour la France » des combats de 1916-1917, regroupées communément sous le vocable de « bataille de Verdun », sont au nombre de dix-neuf, plus de 55 000 militaires français reposent en ces lieux.

Il existe en France 265 nécropoles nationales où reposent 740 000 corps de soldats, dont 240 000 en ossuaires. Sur l'ensemble des dépouilles des soldats, 88 % sont celles de combattants de la Première Guerre mondiale.
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Aménagée en 1920, la nécropole nationale de Brieulles-sur-Meuse regroupe les dépouilles de soldats inhumés initialement dans de nombreux cimetières militaires provisoires. Cette nécropole rassemble 2 572 corps dont 1 520 en deux ossuaires (corps inconnus), soit au titre de la Première Guerre mondiale, 2 309 Français, 123 Russes, 35 Belges et 1 Britannique. Plus tard, 24 Français dont 1 inconnu, décédés lors des combats de mai à juin 1940 y ont été enterrés.

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La nécropole d'Esnes-en-Argonne a été aménagée de 1920 à 1930 lors du transfert des dépouilles de soldats inhumés dans des cimetières de la rive gauche de la Meuse. Le cimetière a été rénové en 1975.La nécropole abrite les dépouilles de 6 661 soldats français tombés pendant la Première Guerre mondiale. 3 661 reposent dans des tombes individuelles et 3 000 dans deux ossuaires.

Nécropole de Brieulles-sur-Meuse
Nécropole d'Esnes-en-Argonne
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Un des deux ossuaires de la nécropole d'Esnes-en-Argonne contenant les dépouilles de 1 500 soldats dont une majeure partie restent inconnus.

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L'ossuaire de Douaumont est un monument à la mémoire des soldats de la bataille de Verdun de 1916. Conçu au lendemain de l'armistice de 1918 et inauguré en 1932, il abrite les restes de 130 000 soldats inconnus français et allemands. Il est l'un des symboles de l'amitié franco-allemande.

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Le corps principal de l'ossuaire est constitué d'un cloître long de 137 mètres. Il est bordé de 18 alvéoles contenant chacune deux tombeaux en granit rouge et se termine par deux absides contenant cinq tombeaux chacune. Il y a donc au total 46 tombeaux correspondant à 46 secteurs du champ de bataille. Mais chaque tombeau des absides contient des ossements recueillis dans deux secteurs les plus éloignés, ce qui fait que les 52 secteurs sont représentés. Dans chaque alvéole, des verrières projettent sur les tombeaux une lumière rouge, symbole du sacrifice. Chaque tombeau surplombe une fosse de 14 m3 et à chaque extrémité du cloître, un caveau de 350 m3 accueille les surplus des secteurs les plus chargés. Au total, 130 000 soldats inconnus français et allemands reposent en ce lieu. Les os sont visibles à travers des vitres depuis l'extérieur.

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À l'arrière du bâtiment, sur le bas, on peut observer une série de petites fenêtres carrées.

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Chacune de ces fenêtres donne sur un caveau recelant les ossements de combattants anonymes retrouvés dans des zones bien précises du champ de bataille.

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Vue depuis le haut de la tour de l'ossuaire : la nécropole nationale de Douaumont et ses milliers de tombes.

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La nécropole de Douaumont compte 16 142 tombes de soldats français, dont six de la Seconde Guerre mondiale.

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La nécropole possède un carré musulman de 592 stèles de soldats musulmans morts pour la France.

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En mai 2013, soit 97 ans après la guerre, 26 corps de soldats furent retrouvés dans ce qui était alors la cave d'une ferme du village détruit - sous une pluie d'obus - de Fleury-devant-Douaumont. Le village n'a jamais été reconstruit. Les corps avaient été déposés là en attente d'une sépulture mais ils étaient malheureusement ensevelis sous des tonnes de décombres. Sur les 26 soldats, seulement 7 ont été identifiés grâce à leur plaque militaire. 24 soldats reposent ici, les dépouilles des 2 autres soldats ont été remises à leurs familles, selon les vœux exprimés.

Ossuaire de Douaumont
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En aval du champ de bataille des Éparges, la nécropole nationale « Le Trottoir »

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« Le Trottoir » comporte 2108 tombes parmi lesquelles figurent dix stèles musulmanes. De plus, un ossuaire contient 852 corps. Dans ce cimetière, créé pendant la guerre, ont été regroupés les restes de soldats provenant des cimetières du Bois et de Marquanterre. Il a été entièrement refait en 1958.

Cimetière « Le Trottoir »

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N°11 : Le cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon

Avant même que la guerre n'éclatât, l'opinion américaine envers l'Allemagne était déjà plus négative qu'envers n'importe quel autre pays en Europe. Les citoyens américains en vinrent de plus en plus à considérer l'Empire allemand comme un ennemi. Après deux ans et demi d'efforts déployés par le président Wilson pour garder les États-Unis neutres dans cette guerre, quand les Allemands prirent pour cibles des navires américains commerciaux en les torpillant avec leurs sous-marins, les États-Unis entrèrent alors en guerre au côté des Français en avril 1917.

14 246 Américains ayant combattu lors de la Première Guerre mondiale sont enterrés dans le cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon.
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Une des deux entrées monumentales du cimetière américain

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Juin 1917, les premiers Américains débarquent à Saint-Nazaire, dans l'ouest de la France.

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Le cimetière de de Romagne-sous-Montfaucon est le plus important cimetière américain d'Europe.

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Plus important que celui de Colleville-sur-Mer (en Normandie) par le nombre de tombes (5 000 de plus). Ces deux cimetières sont gérés par l'American Battle Monuments Commission, une agence indépendante du gouvernement des États-Unis chargée de l'entretien des monuments et cimetières militaires américains situés sur ou hors du territoire des États-Unis.

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La chapelle du cimetière. Les noms des 954 disparus américains dont les restes n'ont jamais été récupérés ou n'ont pas été identifiés sont inscrits sur des murs.

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Des soldats du Service Américain des Sépultures Militaires recherchent des corps dans le nord de la France après les combats. Sur les 7 000 soldats travaillant pour ce service de l'armée américaine, plus de 6 000 étaient Afro-américains.

Cimetière de Romagne-sous-Montfaucon

Que peut-on voir à Verdun ?

N°12 : Le cimetière militaire allemand de Brieulles-sur-Meuse

Brieulles-sur-Meuse est le plus important cimetière allemand par le nombre de soldats inhumés. Dans le département de la Meuse, durement touché pendant la guerre de 14-18, on compte trente cimetières militaires allemands.
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Entrée très discrète et austère du cimetière allemand

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À la différence du cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon ou de la nécropole française de Douaumont, ce cimetière est austère avec des croix sombres comme dans la plupart des cimetières allemands du sol français. Un cimetière de vaincus où il est interdit d'y faire flotter le drapeau allemand...Les cimetières militaires allemands en France sont entretenus par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge, une association de droit allemand qui veille à l'entretien des sépultures militaires allemandes de la Première Guerre mondiale et de la Seconde Guerre mondiale dans 45 pays.

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11 267 soldats allemands sont inhumés dans ce cimetière, dont un grand nombre dans un ossuaire. Tout comme les Français, beaucoup de soldats allemands sont morts jeunes et beaucoup d'entre eux n'avaient pas choisi de combattre dans l'enfer de Verdun. « Maman, pourquoi m'as-tu donné naissance ? Pourquoi dois-je connaître cela ? » Soldat allemand inconnu

Cimetière allemand de Brieulles-sur-Meuse

La question...

Mais pourquoi Verdun ?

En 1916, après l'échec de l'armée allemande qui n'a pas pu percer sur le front de la Marne pour arriver jusqu'à Paris, et après une guerre de position des tranchées qui n'avance pas, le général allemand von Falkenhayn prévoit une offensive écrasante sur un secteur limité. Deux villes conviennent pour cette attaque, Belfort et Verdun. Le général von Falkenhayn retient finalement Verdun car les forces françaises, acculées à la Meuse, seront contraintes de se battre le dos au fleuve. Mal reliées à leurs arrières, elles seront comme prises dans une nasse.

Après de longs mois de préparation logistique de l'armée allemande, la bataille de Verdun commence le 21 février 1916 à 7 h 15 avec un déluge de feu sur les forts et les tranchées. 1 200 canons pulvérisent les positions françaises. Erich von Falkenhayn, général en chef de l'armée allemande, veut en finir avec la guerre de position, qui a commencé à l'automne 1914, et veut relancer la guerre de mouvement. Mais les Français résistent…

Verdun après les bombardements en 1916

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Verdun aujourd'hui

Verdun

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Verdun


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