Les chiens d'Istanbul


Sommaire Insolite et réel

Chiens des rues

Quand on se promène dans les rues d'Istanbul (la plus grande ville mais pas la capitale de la Turquie), on est surpris par le grand nombre de chiens errants que l'on peut croiser au hasard des trottoirs : des petits, des moyens et parfois des très gros, la plupart du temps alanguis au soleil. Ces chiens n'appartiennent à personne, certains habitants s'en occupent en les nourrissant ou en mettant à leur disposition des abris de fortune. Faisant preuve d'une nonchalance étonnante, on ne les entend presque jamais aboyer.
Cependant, tous les Istanbuliotes n'apprécient pas de voir traîner ces chiens dans leurs rues ou devant leurs portes... Ces animaux "nés dans la rue" sont là depuis plus d'un siècle. Certains pouvoirs locaux (mairies) et certains particuliers essayent régulièrement de s'en débarrasser. De temps en temps, des "expéditions" sont organisées : on capture des chiens et on les abandonne ensuite dans les forêts qui entourent la ville. Les animaux sont alors livrés à eux-mêmes au milieu des bois et ne doivent leur survie qu'à quelques bénévoles qui viennent les nourrir sur place plusieurs fois par semaine avec de la nourriture qu'ils récupèrent.
Avant 2004, les méthodes expéditives étaient parfois cruelles car des chiens étaient empoisonnés la nuit, agonisaient à même les trottoirs et gisaient morts dans les rues au petit matin.

En 2004, la Turquie vote une loi sur la protection des animaux. Le texte de cette loi officielle prévoit de faire attraper, stériliser et badger (par des équipes vétérinaires) tous les animaux pour qu'ils soient ensuite relâchés dans les rues ou adoptés par des particuliers. Cette loi n'a pas plu à tout le monde et les abandons des chiens en forêt ont donc commencé à partir de 2004...

L'épisode tragique de 1910

En 1910, le parti Jeunes-Turcs fraîchement arrivé au pouvoir en Turquie décide de procéder à l'élimination des chiens de Constantinople (l'ancien nom d'Istanbul). L'idée d'abandonner les chiens sur une île déserte avait déjà été envisagée au XIXe siècle mais face au tollé de protestations et aux menaces de châtiment divin, ces mesures avaient été abandonnées.
En 1910, le gouvernement jeune turc décide de passer à l'action : après tout, il ne s'agissait pas de tuer ces chiens mais de les éloigner de la ville... au nom de l'hygiène et du progrès. On commença par détruire les portées de chiots. Ensuite, les chiens adultes furent capturés à l'aide de lassos et de grosses pinces, enfermés dans des cages et chargés sur des charrettes pour être alors exilés sur l'île déserte de Sivriada (dans l'archipel des Îles des Princes). De 30 000 à 60 000 chiens furent ainsi déportés et livrés à leur sort, ils s'entredévorèrent et moururent les uns après les autres. Mais un grave tremblement de terre suivit immédiatement ces événements et il fut perçu comme "une punition de Dieu pour l'abandon des chiens". Les chiens errants furent de nouveau tolérés dans les rues d'Istanbul...

Constantinople (Istanbul) vers 1900

Constantinople (Istanbul) vers 1900

Sur l'île de Sivriada, au début de leur abandon

L'île de Sivriada aujourd'hui

Sivriada

Chienne d'histoire (2010), le film d'animation du réalisateur français Serge Avédikian 

Aujourd'hui, en 2015, Istanbul n'a toujours pas réglé son problème avec les chiens... Et les chats alors ? C'est une autre histoire ! Ils sont aussi très nombreux, par milliers, dans les rues d'Istanbul. Mais le chat est un animal pur pour la religion islamique...

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Les chiens d'Istanbul


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Cliquez ici pour vous abonner à ce flux RSSjeudi 21 septembre 2017